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Salaire vs Dividendes : Comment se Payer d'une Société Canadienne

L'une des premières questions que tout nouveau propriétaire de société se pose est : comment est-ce que je retire réellement de l'argent de cette entreprise pour le mettre dans ma poche ? Deux options principales existent — le salaire et les dividendes — et aucune n'est universellement meilleure. Le choix optimal dépend de votre revenu personnel, de si vous voulez générer des droits REER, de l'importance que vous accordez au RPC, et de votre province. Voici une analyse pratique.

Comment Fonctionne Chaque Méthode

Salaire

Vous vous payez en tant qu'employé de votre société. La société déduit les cotisations au RPC et l'impôt sur le revenu de chaque chèque de paie et les remet à l'ARC. Le salaire est une dépense déductible pour la société, ce qui réduit le revenu imposable de la société. Vous recevez le montant net et déclarez le salaire brut dans votre déclaration T1 personnelle.

Dividendes

Vous déclarez un dividende à partir des bénéfices non répartis après impôt de la société. Pas de RPC ni de déductions salariales — vous recevez le montant total déclaré. Les dividendes ne sont pas déductibles pour la société (la société a déjà payé de l'impôt sur les bénéfices avant de les distribuer). Dans votre déclaration personnelle, vous appliquez la majoration de dividendes et le crédit d'impôt fédéral/provincial pour dividendes, qui compense partiellement la double imposition.

Comparaison Côte à Côte

Facteur Salaire Dividendes
Déduction fiscale corporativeOui — réduit le revenu de la sociétéNon — payé à partir des bénéfices après impôt
Cotisations au RPCOui — parts employé et employeur (~11,9 % combinées)Pas de RPC sur les dividendes
Droits de cotisation REEROui — 18 % du revenu gagnéNon — les dividendes ne constituent pas un « revenu gagné »
Déductions pour frais de gardeOui — nécessite un revenu gagnéNon — les dividendes ne sont pas admissibles
Admissibilité à l'AENon — propriétaires avec >40 % des actions non admissiblesNon
Complexité administrativeÉlevée — compte de paie, remises, T4Faible — juste une déclaration de dividendes
Taux marginal d'imposition personnelImposé au taux marginal completImposé au taux préférentiel de dividendes (via majoration et crédit)
Flexibilité en fin d'annéeDoit être payé dans l'année ou peu aprèsPeut être déclaré à tout moment ; calendrier flexible

La Théorie de l'Intégration Fiscale

Le régime fiscal canadien est conçu autour du concept d'« intégration » — l'idée que le total des impôts payés sur les revenus transitant par une société devrait être approximativement équivalent à ce que vous paieriez si vous les gagniez personnellement. En théorie, peu importe si vous utilisez le salaire ou les dividendes — le fardeau fiscal total devrait être similaire.

En pratique, l'intégration est imparfaite. Le résultat réel varie selon :

  • Votre niveau de revenu personnel (taux marginal d'imposition)
  • Votre province (les taux d'imposition provinciaux diffèrent significativement)
  • Si la société se qualifie pour la déduction pour petite entreprise (DPE)
  • Si vous payez des dividendes « admissibles » (provenant de revenus imposés au taux général des sociétés) ou des dividendes « non admissibles » (provenant de revenus imposés à la DPE)

Généralement, au Québec et en Ontario, l'intégration est proche de la neutralité à des niveaux de revenus modérés, le salaire étant légèrement meilleur à des revenus plus élevés et les dividendes parfois meilleurs à des revenus plus faibles. Faites le calcul avec votre comptable chaque année.

La Question du RPC : Une Dépense ou un Investissement ?

Si vous vous versez un salaire, vous et votre société cotisez au RPC. En 2026 :

  • Part de l'employé : 5,95 % des gains ouvrant droit à pension (jusqu'au MGAP de 74 600 $)
  • Part de l'employeur : encore 5,95 %
  • Coût total du RPC : ~11,9 % du salaire admissible, soit jusqu'à 8 581 $ combinés

Beaucoup de propriétaires d'entreprise voient le RPC comme un coût obligatoire à minimiser. Mais le RPC constitue aussi une pension garantie pour votre retraite. Un propriétaire d'entreprise qui ne se verse que des dividendes pendant 20 ans ne cotise rien au RPC et reçoit une pension du RPC beaucoup plus faible à 65 ans. Ce compromis a-t-il un sens dépend de vos autres économies de retraite et de votre tolérance au risque.

Droits REER : L'Avantage du Salaire

C'est l'une des différences pratiques les plus importantes. Les droits de cotisation REER sont générés par le revenu gagné — revenu d'emploi, revenu d'entreprise autonome et revenu locatif. Les dividendes ne génèrent pas de droits REER.

Si vous vous versez 100 000 $ de salaire, vous générez 18 000 $ de droits REER pour l'année suivante (18 % de 100 000 $). Si vous vous versez 100 000 $ de dividendes, vous générez 0 $ de nouveaux droits REER.

Pour les propriétaires d'entreprise qui s'appuient sur les REER comme principal véhicule d'épargne-retraite, cela est extrêmement important. Une cotisation REER de 18 000 $ économise environ 7 000 $ à 9 000 $ en impôts pour l'année en cours à un taux marginal de 40 à 50 % — tout en constituant des économies-retraite à l'abri de l'impôt.

La Stratégie Optimale : Un Mélange des Deux

La plupart des conseillers fiscaux recommandent une approche combinée plutôt que de choisir une méthode exclusivement :

  1. Versez-vous un salaire égal à vos besoins en droits REER — assez de revenu gagné pour générer les droits REER que vous souhaitez maximiser
  2. Versez également assez de salaire pour couvrir votre exemption personnelle de base (~15 705 $ en 2026) — non imposable au niveau personnel
  3. Prenez le reste en dividendes — à partir des bénéfices non répartis, sans charge RPC supplémentaire

Cette approche mixte optimise le RPC, les droits REER, les taux d'imposition personnels et la flexibilité des flux de trésorerie de la société. Le mélange exact varie selon la province et le niveau de revenu et devrait être réexaminé annuellement.

Important : Les règles sur l'imposition du revenu fractionné (TOSI) introduites en 2018 limitent la possibilité de fractionner les dividendes avec des membres de la famille qui ne participent pas activement à l'entreprise. Verser des dividendes à un conjoint ou à un enfant adulte qui ne travaille pas dans la société peut maintenant déclencher le taux d'imposition personnel le plus élevé sur ces dividendes. Consultez un professionnel avant tout arrangement de fractionnement de revenu.

La Flexibilité de Calendrier avec les Dividendes

Un avantage sous-estimé des dividendes : la flexibilité. Vous pouvez déclarer et payer un dividende à n'importe quel moment pendant l'exercice fiscal ou même après la fin de l'exercice (dans certaines limites). Cela vous permet de :

  • Attendre la fin de l'année pour voir combien la société a gagné avant de décider combien retirer
  • Ajuster votre revenu personnel stratégiquement pour rester sous un seuil de tranche d'imposition
  • Sauter les paiements de dividendes une mauvaise année sans l'engagement salarial de la paie

Le salaire, par contre, est généralement payé selon un calendrier régulier tout au long de l'année et crée un historique d'emploi.

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La décision salaire vs dividendes devrait être réexaminée chaque année avec votre comptable. Notre équipe travaille avec des propriétaires d'entreprise incorporés partout au Canada pour optimiser leur stratégie de rémunération — obtenez le portrait complet avant de vous payer.

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