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REER pour Travailleur Autonome : Maximisez Votre Retraite au Canada

Quand on est travailleur autonome, personne ne cotise à notre place. Pas de régime d'employeur, pas de cotisations équivalentes versées automatiquement dans notre compte de retraite. On est seul responsable de construire son coussin financier pour la retraite — et c'est justement là que le REER devient un outil incontournable. Bien utilisé, il permet de réduire son revenu imposable maintenant, pendant les bonnes années, tout en faisant fructifier l'argent à l'abri de l'impôt jusqu'au moment du retrait.

Comment se calcule le droit de cotisation au REER

Chaque année, votre droit de cotisation au REER correspond à 18 % de votre revenu gagné de l'année précédente, jusqu'à un plafond annuel fixé par l'ARC. Pour l'année d'imposition 2026, ce plafond est de 33 810 $. L'ARC calcule votre plafond exact et l'indique sur votre avis de cotisation — vous le trouverez aussi dans votre espace Mon dossier de l'ARC.

Pour un travailleur autonome, le revenu gagné comprend :

  • Le revenu net d'entreprise (revenus d'affaires moins les dépenses déductibles, avant la déduction pour cotisations RPC à titre de travailleur autonome)
  • Le revenu d'emploi si vous avez aussi un T4 à côté
  • Les revenus de location d'immeuble
  • Les redevances

Ce qui n'est pas considéré comme revenu gagné : les dividendes versés par une société, les gains en capital, les revenus de placement (intérêts, dividendes de portefeuille). C'est un point crucial si vous êtes incorporé et que vous vous payez exclusivement en dividendes — dans ce cas, vous n'accumulez aucun droit de cotisation au REER.

L'avantage fiscal concret du REER

Chaque dollar cotisé au REER vient réduire votre revenu imposable de l'année. La déduction s'applique à votre taux marginal — le taux qui s'applique à la tranche la plus haute de vos revenus. Pour un travailleur autonome québécois gagnant 100 000 $ par année, le taux marginal combiné fédéral-provincial dépasse facilement 45 %. Cotiser 10 000 $ au REER représente donc une économie d'impôt immédiate de l'ordre de 4 500 $ à 5 000 $.

À l'intérieur du REER, vos placements croissent sans impôt. Vous ne payez de l'impôt qu'au moment du retrait, généralement à la retraite, quand votre revenu — et donc votre taux marginal — est probablement plus bas qu'en plein exercice de votre activité. C'est le principe du report d'impôt qui fait tout l'intérêt du REER.

Attention au RPC à titre de travailleur autonome : En tant que travailleur autonome, vous payez la cotisation de l'employé et celle de l'employeur au Régime de pensions du Canada — soit 11,90 % du revenu net d'entreprise entre l'exemption de base (3 500 $) et le maximum des gains ouvrant droit à pension (68 500 $ pour 2025). La moitié de cette cotisation (la part « employeur ») est déductible dans votre déclaration T1, ce qui réduit légèrement votre revenu gagné et, par ricochet, votre droit de cotisation au REER. Assurez-vous que vos livres reflètent correctement votre revenu net d'entreprise avant de calculer votre plafond.

La date limite de cotisation : 60 jours pour agir

La date limite pour cotiser au REER et déduire la somme dans votre déclaration de l'année en cours est fixée à 60 jours après le 31 décembre. Pour l'année d'imposition 2026, la date limite tombe le 1er mars 2027. Les cotisations versées au cours des 60 premiers jours de la nouvelle année peuvent être attribuées à l'année précédente ou à l'année en cours — vous faites le choix au moment de produire votre déclaration.

Cette flexibilité est particulièrement utile pour les travailleurs autonomes dont le revenu peut fluctuer. Si vous attendez janvier ou février pour calculer votre revenu net final de l'année, vous avez encore le temps de cotiser pour réduire votre facture fiscale avant la date limite de production.

Les droits inutilisés se reportent indéfiniment

Si vous n'avez pas utilisé tous vos droits de cotisation au REER une année donnée, ces droits s'accumulent et se reportent sans limite dans le temps. C'est une des grandes forces du REER pour les travailleurs autonomes dont le revenu varie d'une année à l'autre.

Tirer parti des droits accumulés

La stratégie classique : les années creuses, on cotise peu ou pas. On laisse s'accumuler les droits inutilisés. Puis, lors d'une année exceptionnellement bonne, on fait une cotisation importante — voire de rattrapage — pour ramener son revenu imposable dans une tranche d'imposition inférieure. C'est une façon efficace de lisser son taux d'imposition sur plusieurs années, ce que peu d'employés peuvent faire aussi facilement.

Votre solde de droits REER disponibles figure toujours sur votre avis de cotisation le plus récent et dans Mon dossier de l'ARC. Ne jamais dépasser ce montant : les cotisations excédentaires de plus de 2 000 $ sont pénalisées à raison de 1 % par mois.

REER vs CELI : lequel choisir ?

La question revient souvent. En pratique, les deux comptes sont complémentaires, mais le REER offre un avantage distinct pour les travailleurs autonomes à revenu élevé :

  • REER : la cotisation réduit votre revenu imposable maintenant — avantage maximal quand votre taux marginal actuel est élevé. L'impôt est reporté au retrait.
  • CELI : aucune déduction à la cotisation, mais les retraits sont complètement libres d'impôt. Préférable quand votre taux marginal actuel est faible ou que vous prévoyez retirer l'argent avant la retraite.

Pour la majorité des travailleurs autonomes gagnant plus de 60 000 $ de revenu net, le REER est généralement le meilleur point de départ. Une fois le REER maximisé, le CELI devient une excellente option complémentaire.

Travailleur autonome vs incorporé : l'impact sur le REER

Critère Travailleur autonome (entreprise individuelle) Incorporé (salaire T4) Incorporé (dividendes seulement)
Droits REER générés 18 % du revenu net d'entreprise 18 % du salaire T4 Zéro — les dividendes ne sont pas un revenu gagné
Facteur d'équivalence (FE) Aucun — droits complets disponibles Aucun (si pas de RPA/RPDB) S.O.
Cotisation au RPC Part employé + part employeur (11,90 %) Part employé seulement retenue sur le salaire Pas de RPC sur les dividendes
Planification retraite REER + RPC comme véhicules principaux REER + bénéfices non distribués dans la société Dépend des placements corporatifs et du RPC accumulé

Comment ouvrir un REER et où cotiser

Un REER peut être ouvert auprès de pratiquement n'importe quelle institution financière canadienne : banque, caisse populaire, société de fiducie, courtier en valeurs mobilières ou compagnie d'assurance. Les options de placement à l'intérieur du REER sont très larges : fonds communs de placement, FNB, actions, obligations, CPG.

Quelques points pratiques

  • Vous pouvez avoir plusieurs REER ouverts chez différentes institutions — mais le total de vos cotisations dans tous vos comptes ne doit jamais dépasser votre plafond.
  • Un REER de conjoint vous permet de cotiser dans le REER de votre partenaire — la déduction vous revient, mais les revenus futurs seront imposés entre les mains du conjoint au retrait.
  • À 71 ans, votre REER doit être converti en FERR (Fonds enregistré de revenu de retraite) ou en rente. Les retraits deviennent alors obligatoires selon un pourcentage minimum fixé par l'ARC.

Combien cotiser ? Une stratégie pour travailleurs autonomes

Il n'y a pas de réponse universelle — cela dépend de votre revenu de l'année, de vos prévisions de retraite et de vos besoins en liquidités. Un principe utile : cotisez suffisamment pour faire descendre votre revenu imposable sous le seuil de la prochaine tranche d'imposition inférieure. Si vous gagnez 95 000 $ de revenu net au Québec, cotiser pour revenir à 92 700 $ (juste sous le seuil fédéral de 2026) vous fait économiser une somme significative à votre taux marginal le plus élevé.

La clé, c'est de connaître votre revenu net réel avant de cotiser. Et pour ça, vos livres de compte doivent être à jour et exacts.

Des livres précis = des droits REER exacts

Votre droit de cotisation au REER est calculé à partir de votre revenu net d'entreprise — ce qui signifie que si vos livres ne sont pas à jour, votre plafond REER ne l'est pas non plus. Sans régime d'employeur, planifier sa retraite demande une stratégie. Nos comptables aident les travailleurs autonomes à cotiser au bon moment.

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